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Google diabolisé ?

La stratégie de diversification de Google et sa démocratisation de plus en plus intense tendrait à laisser croire une stratégie de contrôle de (toute) la vie privée de utilisateurs. C’est en tout cas ce qu’affiche le dossier publié dans The Economist du 1er septembre 2007, qui s’alarme de la force tentaculaire des services Google par rapport aux informations personnelles et “sensibles” des abonnés, et d’une volonté de la compagnie californienne d’aller encore plus loin dans cette optique avec des futurs services liés à la santé et pourquoi pas aux finances des utilisateurs.

Une arrogance et un monopole mal perçus ?

Mais la vraie question à se poser n’est-elle pas qu’est-ce qui fait le succès de Google avec ses services de recherche, mail, de cartographie, d’agenda, de publication, de galerie photo et tant d’autres ? Pourquoi l’évolution montre que plusieurs millions d’utilisateurs font confiance à Google plutôt que ses principaux concurrents tels Hotmail, Yahoo et les fournisseurs locaux ? Au-delà de la vitesse du développement et l’interaction entre tous ces services, n’y a t-il pas un penchant idéologique des abonnés pour un fournisseur mettant d’abord en avant son savoir-faire que l’intérêt commercial de ses produits ? Après tout, les banques depuis toujours tiennent des dossiers sur leurs clients en les classant selon des segments qui leur offre ou leur empêche l’accès à certains produit. Aujourd’hui, c’est l’information qui devient le capital. Alors, oui, il est vrai que Google surveille ou plutôt faudrait t-il dire enregistre vos données, mais si d’une part ceci est clairement exprimé lorsque vous choisissez un des services (ex: l’historique de vos recherche) et que ces données puissent rendre d’autre solutions plus pertinentes (les tendances de vos mot-clés pour de la veille, la géolocalisation de vos photos pour du partage,…), alors ce n’est pas de l’espionnage mais de l’intégration. Le débat est pourtant toujours ouvert, reste à savoir qui sont les lobbies de cette polémique ?

Un inquiétude par rapport à un nouveau modèle économique ?

Le côté diabolique de cette diversification, effectivement intense, réside dans sa conséquence à devenir incontournable dans le web dit “2.0”, et diabolique ne seraient pas plutôt les effets infligé à ses concurrents encore en train de travailler sur des modèles capitalistes plutôt que libéral ? Il est vrai qu’il est difficile d’admettre dans notre contexte économique actuel qu’une entreprise ne se développe pas pour du profit, et c’est cette option qui inquiète les marchés et ses économistes. Mais en réfléchissant selon un nouveau paradigme, celui d’un Internet au service de l’utilisateur avant d’être un autre support de plus pour créer de nouveaux besoins, Eric Schmidt n’est-il pas en train de trouver une voie pour redonner à Internet sa vocation initiale tout en demontrant une forte rentabilité ? La forte tendance des réseaux sociaux (musique, rencontre, échanges,..) et les réussites de ce côté collaboratif soulignent que la question du service à bénéfice public du web n’est pas pour autant une entreprise en perte, encore un ancien débat qui ressort…

Enfin, la stratégie de Google, bien qu’elle paraisse à priori celle d’une forte diversification sur de nombreux services bien éloignés de la simple recherche, est en train de s’homogénéiser façon web social pour fournir à n’importe quel nouvel usagé d’un compte Google un approche très simple à toute la complexité de l’Internet (voir l’article sur la “Google way of life”). Alors est-ce que tout ce développement n’est-il pas une optique pour “changer le monde” selon la philosophie des Googlers ?

Les pionniers ont toujours inquiété les grandes institutions en place, et comme le signalait déjà le sociologue canadien M. McLuhan, les grands changements techniques engendrent des bouleversements et des réorganisation sociales, alors effrayez-vous avant de juger que peut-être tout ceci est un nouveau paradigme. Et comme le souligne bien The web is better when it’s social”.

2 Comments

  1. Le soucis est l'hyper concentration et la force financière d Google : un concurrent a une superbe idée, Google rachète (youtube, propositions pour twitter…). C'est l'innovation qui risque d'en prendre un coup, créer une strat up dans l'espoir d'être racheté par google…

  2. Récemment on a assisté à des gros crash de Google, ça arrive 😉
    Mais au-delà de ces incidents, les constats qu'on en fait sont plus macro-structurels : lorsque Google crash sur tous ses services, ce sont donc les APIs de Google (API Google Maps, Analytics, API Google Code, API AdSense, …) et donc beaucoup de sites web qui sont bloqué indirectement.
    A ce jour les scripts de Google qui prennent en compte les timeouts ?

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